27/06/2017 L’agriculture biologique est en danger !

La FUGEA tire la sonnette d’alarme : le projet de nouveau règlement bio met l’agriculture biologique en danger !
Le compromis de nouveau règlement bio qui s’est dégagé au sein du Conseil européen des Ministres de l’Agriculture était à l’ordre du jour hier matin lors du Comité Spécial Agriculture (CSA). La FUGEA espère que notre Ministre wallon de l’Agriculture, Monsieur René Collin ne soutiendra pas ce projet de loi ! La FUGEA s’oppose à ce compromis qui, de par ses nombreuses inconsistances, n’aura que pour effet de diminuer les normes de contrôle. Il laissera notamment le choix à chaque Etat membre de définir son propre seuil de décertification (le seuil de pesticide autorisé dans les produits certifiés en Agriculture biologique).

En Wallonie, la législation est rigoureuse et le nombre de fermes bio ne cesse de s’accroitre. Au 31 décembre 2016, la Wallonie comptait 1.493 fermes certifiées bio, soit plus d’une ferme sur 9 ! En un an, 146 fermes bio se sont ajoutées à la liste, cette augmentation de 11% est un record dans l’histoire du bio en Wallonie (source : biowallonie.be). Nous ne pouvons accepter que des lois européennes viennent saboter nos avancées wallonnes et les efforts de nos producteurs bio !

Des pesticides dans les produits bio ?

Rassurez-vous, le système de contrôle mis en place en Belgique est rigoureux et permet d’éviter toutes circulations de produits bio qui seraient contaminés par des pesticides. Notre méthode est prise comme exemple dans les autres Etats membres. Il est prévu dans le projet du nouveau règlement bio que la Belgique puisse maintenir son propre système de contrôle. Elle y tient et a toujours été ferme là-dessus ! Malheureusement, la Belgique ne pourra alors appliquer ses normes que pour ses propres produits. Pour la FUGEA, cela risque de faire basculer tout le paysage bio dans un sombre avenir! En effet, chaque Etat membre pourrait décider de son propre seuil de décertification et le contrôle belge sur les produits des pays voisins serait allégé. (L’obligation de contrôle serait remplacée par un système espaçant de 24 mois maximum deux contrôles consécutifs, contre 2 contrôles par an dans la règlementation actuelle. D’autre part, les contrôles devront avoir lieu suite à une analyse de risque.) Ces nouvelles normes auront pour conséquence de nous empêcher d’écarter des produits certifiés par d’autres Etats membres alors même qu’ils seraient contaminés. La FUGEA tient à marquer son désaccord face à de telles dispositions qui vont assouplir les règles de contrôle en agriculture biologique et affaiblir le dispositif qui permet de garantir à nos consommateurs wallons que les produits bio sont exempts de résidus.

La FUGEA ne veut pas d’une agriculture biologique à deux vitesses, régie par une concurrence déloyale entre des produits portant un même label mais contrôlés par des règles différentes. Ceci engendrera une compétitivité violente entre nos productions belges, passant par un contrôle performant et offrant des produits de qualité, et un flux européen à moindres coûts et de moindre qualité ! La FUGEA refuse cette fatalité !

La FUGEA soutient une évolution de la réglementation bio dans le sens de l’harmonisation des normes européennes qui se traduiront par une agriculture biologique prospère offrant à ses consommateurs des aliments sains et nutritifs !

La FUGEA a toujours soutenu des décisions politiques allant dans le sens d’une agriculture durable, respectant les ressources de production, la biodiversité et la santé humaine. La FUGEA soutient les politiques qui miseront sur le développement de la confiance du consommateur et de la proximité des circuits de commercialisation, les ingrédients indispensables pour que nos producteurs puissent continuer leur métier de qualité !

Contacts :
Emilie Guillaume – eg@fugea.be – 0499 / 75 57 55
Quentin Goffinet – 0497 / 71 40 94 – agriculteur bio à Malmedy
Hugues Falys – 0497 / 61 64 14 – agriculteur bio à Bois-de-Lessines

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